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Le faux courriel de l'administration fiscale ou de l'organisme social

Il annonce un remboursement, un impayé ou un contrôle, et il imite une correspondance officielle. Quatre règles qui suffisent, et la seule vérification qui compte.

Ce procédé ne cible pas spécialement les entreprises, et il les touche particulièrement : un dirigeant reçoit de vraies correspondances administratives, il en attend, et il traite son courrier électronique vite.

Les quatre prétextes

Le remboursement. « Un excédent de versement vous est dû, cliquez pour percevoir. » L’appât du gain rend moins attentif, et le formulaire demande des coordonnées bancaires.

L’impayé. « Une somme reste due, régularisez sous quarante-huit heures pour éviter une majoration. » L’urgence et la peur.

Le contrôle annoncé. « Votre dossier fait l’objet d’une vérification, transmettez les pièces suivantes. » Le plus efficace sur un dirigeant, parce que la demande de pièces paraît normale.

La mise à jour de coordonnées. « Votre compte doit être vérifié. » Le plus banal, et celui qui récolte des identifiants.

Les quatre règles qui suffisent

1. Aucune administration ne demande de coordonnées bancaires par courriel pour verser un remboursement. Elle utilise celles qu’elle a déjà, ou elle vous demande de les saisir dans votre espace en ligne, auquel vous vous connectez vous-même.

2. Ne cliquez jamais sur un lien de ce type de message. Ouvrez un nouvel onglet et tapez vous-même l’adresse de votre espace en ligne, ou passez par vos favoris. C’est la règle qui neutralise à elle seule la quasi-totalité du procédé.

3. Vérifiez dans votre espace. Toute somme réellement due, tout contrôle réellement engagé, toute demande de pièces apparaît dans votre espace en ligne ou arrive par courrier postal. Si rien n’y figure, rien n’existe.

4. Ne transmettez jamais de pièces comptables en réponse à un courriel. Une vérification s’annonce par un avis formel, avec un nom d’agent et un service identifiable, et elle suit une procédure écrite.

Le détail technique qui trahit, quand on veut regarder

L’adresse de l’expéditeur affichée peut être falsifiée ; celle du domaine réel apparaît dans les propriétés du message. Un domaine qui ressemble à un domaine public sans en être un est le signe le plus net.

Mais cette vérification demande de l’habitude, et la règle numéro 2 la rend inutile : si l’on ne clique jamais et que l’on vérifie toujours dans son espace, l’analyse du message n’a plus d’intérêt.

Ce qui rend les entreprises plus exposées

Plusieurs personnes lisent le courrier. La comptable, l’assistante, le dirigeant. Une consigne connue de tous vaut mieux qu’une vigilance individuelle.

Les échéances sont réelles. Une entreprise a de vraies dates limites, ce qui rend une fausse urgence plausible.

Les montants sont crédibles. Une demande de quelques milliers d’euros n’a rien d’anormal pour une société, alors qu’elle alerterait un particulier.

La consigne à écrire, une fois

« Aucun paiement, aucune transmission de pièce et aucune saisie d’identifiant à la suite d’un courriel. Vérification dans l’espace en ligne, systématiquement. »

Trois lignes, affichées ou envoyées à tous. C’est la seule mesure qui fonctionne, parce qu’elle ne demande à personne de reconnaître un faux.

À lire ensuite

Les chiffres cités sont ceux de l'observatoire de ce site : la méthode dit comment ils sont calculés. Pour une démarche, les liens de ce journal mènent aux sites officiels et à eux seuls : voir la page des canaux.

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