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Reprendre plutôt que créer : ce que notre mesure permet d'en dire

Reprendre une affaire existante évite la phase où les fermetures sont les plus nombreuses. Ce que nos chiffres montrent, ce qu'ils ne montrent pas, et les questions à poser au cédant.

contient une mesure de ce site

Notre observatoire mesure ce que deviennent les établissements créés entre 2015 et 2020 : 8 000 664 établissements, dont 48,8 % encore ouverts dans une commune médiane.

Une question suit naturellement : la reprise est-elle plus sûre ? La réponse honnête est que nos données ne la tranchent pas, et qu’elles éclairent tout de même le raisonnement.

Ce que la mesure montre

Les fermetures ne sont pas réparties uniformément dans le temps. Elles se concentrent dans les premières années suivant la création, ce qui est visible dans la répartition par année de création de chaque secteur, publiée sur l’observatoire.

La conséquence logique : une affaire qui a passé cette phase a déjà franchi la période où la sortie est la plus probable. C’est le principal argument statistique en faveur de la reprise, et il est solide.

Ce que la mesure ne montre pas

Elle ne suit pas les reprises. Le registre enregistre des établissements, pas des changements de main. Une reprise peut apparaître comme une continuité, ou comme une fermeture suivie d’une ouverture, selon la forme juridique de l’opération. Nous ne pouvons donc pas comparer les deux.

Elle ne dit rien du prix. Une affaire qui survit peut avoir été payée trop cher, ce qui déplace le risque du commercial vers le financier.

Elle ne dit rien de la dépendance au cédant. C’est le risque principal d’une reprise de petite entreprise, et il est invisible dans toute donnée publique.

Les cinq questions à poser au cédant

1. Pourquoi vendez-vous ? La réponse la plus rassurante est un départ à la retraite ou un projet ailleurs. La réponse la plus inquiétante est une généralité.

2. Quelle part du chiffre d’affaires dépend de vos relations personnelles ? Pour une entreprise de services ou de conseil, c’est souvent la totalité, et cela ne se transmet pas avec le fonds.

3. Quels sont les trois plus gros clients, et depuis quand ? Une concentration forte est un risque, et une concentration récente en est un autre.

4. Le bail, ses échéances et son loyer. Pour un commerce, le bail vaut souvent plus que le matériel, et sa fin d’échéance conditionne tout.

5. Quels contrats sont attachés à votre personne ? Agréments, qualifications, autorisations : certains ne se transfèrent pas, et leur perte vide l’opération de son intérêt.

Ce que les chiffres du site apportent à une reprise

Deux choses, précises :

Le taux de survie du secteur dans la commune concernée. Il ne juge pas l’affaire, il donne le contexte : dans ce métier et à cet endroit, la rotation est-elle forte ?

L’historique des établissements à l’adresse, consultable gratuitement dans l’annuaire public des entreprises. Trois commerces successifs en six ans à la même adresse est une information que ni le cédant ni l’agent ne mettront en avant, et elle est publique.

L’avertissement habituel

Une fermeture au sens du registre recouvre la cessation, mais aussi le déménagement, le transfert et la régularisation administrative. Un historique d’adresse chargé peut donc raconter une succession d’échecs, ou une série de déplacements. La distinction se fait sur place, en demandant aux voisins.

À lire ensuite

Les chiffres cités sont ceux de l'observatoire de ce site : la méthode dit comment ils sont calculés. Pour une démarche, les liens de ce journal mènent aux sites officiels et à eux seuls : voir la page des canaux.

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